Réalisation des Baumettes Connexes

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La reconstruction de l’actuel Centre Pénitentiaire pour Femmes de la parcelle Sud du Centre Pénitentiaire de Marseille s’accompagne de la création préalable de bâtiments dans les établissements des parcelles Nord. Il s’agit de densifier un tissu existant, au cœur de plusieurs zones fonctionnelles. Quatre lieux sont ainsi requalifiés. Le premier lieu se situe aux abords de la première et imposante barre d’hébergement de la Maison d’Arrêt pour Hommes. Il recevra le futur Atelier de Main d’œuvre Pénale : Ce dernier a été façonné le moins haut afin de maintenir une abondante arrivée de lumière naturelle pour le bâtiment d’hébergement voisin. Comme les interventions sont dispersées et ponctuelles, l’aspect architectural des bâtiments nouveaux est traité en harmonie avec les bâtiments existants adjacents : Expression de rythme // Percements des façades // Finitions de chacune des mises en œuvre. Dans ce cas d’une dominante de jointoiements à pierres nues, les futures enveloppes seront revêtues en métal, mais avec une onde aussi fine que les joints des pierres. Tel que cela est pratiqué actuellement dans la Maison d’Arrêt, les couleurs s’adapteront au paysage. C’est-à-dire qu’une teinte minérale sera appliquée pour les façades et qu’une teinte végétale sera appliquée pour les accès. Le deuxième lieu se situe aux abords de la seconde barre d’hébergements de la Maison d’Arrêt pour Hommes : Ses cours d’époque seront déconstruites. Elles seront remplacées par de nouvelles cours, dont les parois moins massives, rétabliront un meilleur éclairage naturel à de nombreuses cellules voisines. Ces cours, comme toutes les nouvelles constructions, sont conçues pour que les personnels surveillants bénéficient de vues réciproques et bénéficient de vues directes sur tous les espaces. Les nouvelles cours de promenades tirent le meilleur parti du parcours du soleil qui longe les crêtes des calanques. Alors que nous sommes sous des latitudes fortement ensoleillées, et comme les brise-soleil sont interdits, les locaux de vie ont été agencés afin de minimiser les ouvertures sur les façades exposées au Sud et à l’Ouest. Le troisième lieu est la cour du mess. Celle-ci est composée de bâtiments existants qui forment, autour d’elle, une boucle incomplète. Le dessin des locaux du CORSEC et des ateliers de maintenance est donc traité dans un geste naturel qui relie les volumes entre eux. Dans ce lieu comme dans les autres, la symbolique pénitentiaire y est affirmée par une épure franche des murs, en soulignant leurs géométries, leurs arases, et leurs continuités. Le quatrième lieu est le Centre pour Peines Aménagées. Il sera complété de trois petits bâtiments afin de le convertir en un Centre Pénitentiaire pour Femmes. La mise en place de ces constructions neuves a été traitée de façon à recadrer les cours d’honneurs et de promenade avec des formes simples et des géométriques fortes. Ainsi, les personnes cheminent dans une suite d’espaces clairs et hiérarchisés depuis le franchissement des enceintes jusqu’aux lieux de vie des résidents. En conclusion, ces quatre lieux sont requalifiés pour s’intégrer dans un ensemble cohérent avec l’établissement des Baumettes.  1 Ambiances : Couleurs, matières Les ambiances extérieures. Les dispositifs sont traités volontairement en continuité de la pente des toitures afin de valoriser les bâtiments à l’image d’un médecin qui recrée un membre manquant dans une continuité physique et sociale. Depuis la remise de l’offre et la présentation de l’Oral, les visites ont permis d’ajuster l’expression des bâtiments. Une harmonisation est décrite ci-après. Les constructions neuves étant vouées à disparaitre lors de la reconstruction de la parcelle Sud, l’approche architecturale de l’ensemble des sites avec les constructions existantes et neuves à été orientée pour rehausser les identités esthétiques existantes avec leurs hiérarchies temporelles : il s’agit d’exprimer une architecture conforme au projet de vie des lieux. Les constructions existantes, étant retrouvées à terme, sont rehaussées avec leurs dominantes de couleur et de hauteur. Les constructions neuves sont donc plus petites et elles bénéficieront d’une teinte blanc cassé, en rappel de la roche présente dans le paysage. Les ères architecturales sont ainsi clairement démarquées des unes des autres ; et leurs perceptions sont clarifiées par le franchissement systématique de l’espace extérieur afin de regagner l’une ou l’autre ère. Les portes extérieures sont assorties au principe de couleurs pour les accès : s’il s’agit d’un accès principal à une zone fonctionnelle ou à un bâtiment, une couleur mauve-taupe, telle que présente sur le portail existant du CPA sera appliquée.

Description générale des grandes Baumettes : ses multiples enceintes s’étirent indéfiniment jusqu’à se perdre dans les profondeurs des perspectives paysagères ; lorsqu’on s’y attarde à proximité, l’appareillage architectural en pierres de calanques est si abondant et il exprime une telle labeur titanesque que le piéton est capturé par l’intense diffusion de la minéralité du lieu. Les Grandes Baumettes sont comme des vaisseaux posés sur des terrasses naturelles, elles glissent dans le mouvement des dorsales rocheuses des calanques ; leurs longues façades sont gaufrées par d’innombrables baies régulières ; et leurs coursives intérieures filent dans des atriums géants du haut desquels une lumière naturelle inonde les espaces communs. Les Grandes Baumettes sont donc frappées par l’insalubrité. Pourtant, l’établissement  adjacent aux Grandes Baumettes est certes méconnu mais il est en bon état et il peut faire office de témoin ; tout visiteur est tant étonné par l’apaisement et la sérénité qui y règnent malgré une architecture similaire aux grandes Baumettes. C’est la vétusté des grandes Baumettes qui est en cause et non les Baumettes elles-mêmes ; une réhabilitation, me semble-t-il, serait à apprécier face à une éventuelle reconstruction car les constructions modernes de prisons ne se hissent pas à la qualité architecturale des Baumettes.

Extrait d’une notice rédigée dans le cadre professionnel.