Les Grandes Baumettes

Ses multiples enceintes s’étirent indéfiniment jusqu’à se perdre dans les profondeurs des perspectives paysagères ; lorsqu’on s’y attarde à proximité, l’appareillage architectural en pierres de calanques est si abondant et il exprime une telle labeur titanesque que le piéton est capturé par l’intense diffusion de la minéralité du lieu. Les Grandes Baumettes sont comme des grands vaisseaux dormeurs posés sur des terrasses tectoniques. Comme un surf, elles glissent dans le  mouvement des vagues dorsales et rocheuses des calanques ; leurs longues façades sont gaufrées par d’innombrables baies régulières ; et leurs coursives intérieures filent dans des atriums géants du haut desquels une lumière naturelle inonde les espaces intérieurs. Les Grandes Baumettes sont donc frappées par l’insalubrité. Jamais grandeur n’a été autant inscrit dans les rapports d’échelle entre intériorité et paysage. Pourtant, l’établissement  adjacent aux Grandes Baumettes est certes méconnu mais il est salubre ; tout visiteur est tant étonné par l’apaisement et la sérénité qui y règnent malgré une architecture miniature et similaire aux grandes Baumettes. C’est la vétusté des grandes Baumettes qui est en cause et non les Baumettes elles-mêmes ; une réhabilitation serait à apprécier face à une éventuelle reconstruction.