“La miniature est un exercice de fraîcheur métaphysique”, Bachelard.

«   Trop souvent, le Monde désigné par le philosophe n’est qu’un non-moi. Son énormité est un amas de négativités. Le philosophe passe au positif trop vite et se donne le Monde, un Monde unique. Les formules : être-au-monde, l’être du Monde sont trop majestueuses pour moi ; je n’arrive pas à les vivre. Je suis plus à mon aise dans les mondes de la miniature. Ce sont pour moi des mondes dominés. En les vivant je sens partir de mon être rêvant des ondes mondificatrices. L’énormité du monde n’est plus pour moi que le brouillage des ondes mondificatrices. La miniature sincèrement vécue me détache du monde ambiant, elle m’aide à résister à la dissolution de l’ambiance. La miniature est un exercice de fraîcheur métaphysique ; elle permet de mondifier à petits risques. Et quel repos dans un tel exercice de monde dominé ! La miniature repose sans jamais endormir. L’imagination y est vigilante et heureuse. »
Chapitre VII : La miniature. Extrait du Paragraphe V (p.186). Bachelard, Gaston. La poétique de l’espace. Paris: Presses universitaires de France, 2009.