La durée, de Merleau-Ponty.

« Je suis la durée que je saisis. C’est en moi la durée qui se saisit en elle-même, et dès maintenant, nous sommes à l’absolu. C’est parce que le contact est partiel qu’il est absolu. C’est parce que je suis pris dans la durée que je la sais comme personne. C’est parce qu’elle déborde que j’en ai une expérience que l’on saurait concevoir plus étroite, ni plus proche. Le savoir absolu n’est pas survol, il est inhérence. C’est une grande nouveauté en 1889 et qui a de l’avenir pour donner pour principe à la philosophie, non un « Je pense » et ses pensées immanentes mais un être en soi dont la cohésion est aussi arrachement. »

Source : Maurice Merleau-Ponty, « Extrait de l’intervention lors d’une conférence “Hommage à Henri Bergson” à la Sorbonne », mai 1959.