La conférence de consensus sur la prévention de la récidive.

À l’initiative du ministère, de nombreux acteurs de la justice se sont réunis en février 2013 autour d’expertises et de conférences afin d’établir des préconisations en matière de traitement de la récidive. Parmi les invités, figuraient des ressortissants de pays dans lesquels la peine de prison s’est déjà orientée vers une pratique de la réinsertion. Suite aux résultats encourageants du suivi du justiciable après sa sortie en libération conditionnelle, le jury de la conférence a préconisé une nouvelle forme de peine articulée autour d’un projet de ressourcement soutenu par un accompagnement social et judiciaire. Cette peine est une mise à l’épreuve en communauté sans référence à l’enfermement. Des traitements et des programmes fondés sur des entretiens de motivation, sur la personnalité du condamné et sur l’évaluation du risque de récidive jalonnent le parcours du condamné. Les circonstances qui déclenchent le passage à l’acte et les éléments qui entravent les traitements sont également détectés et, si nécessaire, des services de droits communs appropriés sont sollicités. Selon le contexte, les progrès ne se manifestent parfois qu’après de longs traitements et les rechutes sont traitées par l’éloignement de la captation de la délinquance.

Cependant, des associations de familles de victimes, qui rendent visites à des détenus dans le cadre de programmes expérimentaux de reconstruction réciproque, déplorent qu’il demeure une absence de travail de la part des détenus jusqu’à une auto-responsabilisation. Elles témoignent que les détenus aspirent à une grande liberté sur laquelle il est envisageable de capitaliser. La volonté de travail sur eux-mêmes existe mais elle est profondément enfouie.

En outre, les psychologues sont désespérés des attentes inappropriées à leur endroit. Leurs rencontres soignent les souffrances de personnes afin de tendre vers la réconciliation envers soi-même, envers les autres et envers le monde. Ils rappellent que leur rôle est efficient quand il est confidentiel.

Hors des périodes de faits divers, les enquêtes d’opinions publiques soulignent une attente des français concernant un changement de la prison à condition que la sécurité des citoyens soit maintenue. Pour les condamnations dont la prison n’a pas été remise en cause, les expertises se fondent sur la récidive accrue suite à des sorties de prison sans préparation. Pour les moyennes peines et les longues peines, la sortie est fragile ; le rythme de la prison étant dominant, la vie en liberté nécessite donc une acclimatation de la part du libéré. À nouveau, un programme de ressourcement a été préconisé en accompagnement systématique de toute sortie.

Source : « Conférence de consensus sur la prévention de la récidive », Ministère de la Justice, février 2013. http://conference-consensus.justice.gouv.fr, d’après notes des vidéos des conférences publiées à la page.