Discours de la méthode (1637), de René Descartes.

« Et enfin, comme ce n’est pas assez, avant de commencer à rebâtir le logis où on demeure, que de l’abattre, et de faire provision de matériaux et d’architectes, ou s’exercer soi-même à l’architecture, et outre cela d’en avoir soigneusement tracé le dessin ; mais qu’il faut aussi s’être pourvu de quelque autre, où on puisse être logé commodément pendant le temps qu’on y travaillera ; ainsi, afin que je ne demeurasse point irrésolu en mes actions pendant que la raison m’obligerait de l’être en mes jugements, et que je ne laissasse pas de vivre dès lors le plus heureusement que je pourrais, je me formai une morale par provision […] » ( en note de pied de page, par provision : une morale provisoire, substitutive, en attendant mieux, c’est-à-dire la morale définitive que la vraie philosophie permettra de constituer).
Source : La morale provisoire, René Descartes et Denis Moreau, Discours de la méthode (Paris: Librairie générale française, 2000), Troisième partie, extrait page 96.

« Comme pour moi je me persuade que si l’on m’eût enseigné dès ma jeunesse toutes les vérités dont j’ai cherché depuis les démonstrations, et que je n’eusse eu aucune peine à les apprendre, je n’en aurais peut-être jamais su aucunes autres, et du moins que jamais je n’aurais acquis l’habitude et la facilité à mesure que je pense avoir d’en trouver toujours de nouvelles, à mesure que je m’applique à les chercher. »
Source : L’habitude à rechercher, Sixième partie, extrait page 165.