Antigone de Sophocle (-441), par Paul Demont.

« Antigone » est une pièce de théâtre dont l’histoire se déroule sous l’antiquité et dont le sujet évoque les rapports humains qui dépassent les possibilités des lois et qui, par voie de conséquence, renvoient directement à la personne humaine elle-même. Le personnage de Créon, tyran de la ville de Thèbes mène une guerre de rapine aux confins de l’empire qui tourne au désastre. Antigone, nièce de Créon, répand de la terre sur le corps de son frère mort mais interdit de sépulture par Créon. Elle est surprise par un garde mais elle meurt de ne pas accepter ce qui est inhumain ; elle refuse que Créon empêche que son frère soit enterré. Une série de drames s’en suivent. Hénon se suicide par amour pour Antigone ; et enfin, la femme de Créon, mère d’Hénon, se suicide suite au suicide de son fils. Créon reconnaît son erreur, mais trop tardivement pour empêcher la série de drames. Cependant, Créon rejoint l’humanité par sa réforme.

La sépulture est une loi non écrite, dite éternelle pour partager l’amour et non la haine. Les lois éternelles ne se réduisent pas un anti-tyrannisme, elles sont au-delà de la politique. Par Antigone, le tyran d’une cité dépossède la dignité des citoyens. Mais ce tyran ne parviendra pas à dépasser l’esseulement dans lequel il se retrouve désormais au sein de sa cité. Chez Sophocle, la personne humaine trouve ses savoirs par elle-même ; elle possède une liberté interne et morale indépendante des savoirs qu’elle veut acquérir ; elle maîtrise pleinement son destin, son élévation et y compris sa chute.

Source : Paul Demont, « L’engagement au risque de sa vie : Antigone et la justice », Les nouveaux chemins de la connaissance, mai 2014. http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-l’engagement-au-risque-de-sa-vie-13-antigone-et-la-, d’après notes de l’émission radiophonique diffusée à la page.